À propos de la motion parlementaire d’interdiction des financements étrangers et obligation de transparence

La motion parlementaire de Mr. Lorenzo Quadri concernant le financement des associations musulmanes et la langue du prêche votée cette semaine est dérivée de l’importation de certaines idées  des lois votées an Autriche il y a 2 ans.

Mais le contexte autrichien est tout autre. L’islam y est reconnu au niveau national depuis 105 ans, l’Etat finance la communauté musulmane depuis de nombreuses années, y compris des jardins d’enfants et près de 350 enseignants. La Suisse n’est pas l’Autriche. Ici, la question religieuse est traitée au niveau cantonal. Et à ce jour, aucun canton ne reconnait ou ne finance la communauté musulmane.

L’un des principes de notre constitution et de notre Etat de droit est l’égalité de traitement. Cette même constitution et nos lois ne devraient pas permettre une suspicion généralisée ou discriminante envers une communauté religieuse ou une ethnique. Si l’on devait interdire à une communauté religieuse le droit d’être financé de l’étranger, il nous faudrait généraliser l’interdiction de ce financement à toutes les congrégations ou organisations religieuses en Suisse. Et il faudrait probablement trouver des solutions complémentaires financement locales de ces communautés avec une contribution éventuelle de l’Etat.

Pour répondre au besoin de la diversité de ses fidèles, l’Eglise catholique du canton de Zürich possède 27 lieux de cultes où le prêche se fait dans 12 langues autres que l’Allemand**: entre autres l’Albanais, le portugais, l’espagnol, le slovaque, le croate ou le polonais. Si l’on devait forcer les musulmans à faire le prêche dans une langue locale, il faudrait à nouveau considérer l’égalité de traitement et les conséquences pour les autres traditions religieuses. 

La présomption de culpabilité règne aujourd’hui pour la communauté musulmane. Nombreuses sont les accusations infondées, sans preuves ni justifications. La FOIS se met à disposition des autorités pour évaluer, voire empêcher des éventuels financements qui heurteraient le cadre légal suisse ou la paix sociale. Pour ce faire, des avis objectifs et factuels nous semblent indispensables.

Une motion de ce genre fait fi des efforts considérables de la très grande majorité des associations musulmanes en Suisse afin de garantir un financement local et d’augmenter leur indépendance de l’étranger.  Plusieurs audits de fondations musulmanes ont été entamés par les autorités. Plusieurs associations accusées injustement de financement étranger ont ouvert leurs comptes à l’Etat ou à des journalistes qui ont en fait la demande, pour démontrer que la grande partie des créances sont souvent des endettements auprès de banques suisses.

La FOIS a pour ligne de conduite de pousser ses membres à se conformer aux règles et aux lois en vigueurs et d’atteindre le niveau de transparence requis par les autorités. Elle collabore avec les autorités fédérales et cantonales pour faciliter le travail d’intégration, pour combattre toute forme d’extrémisme, pour réduire les ingérences extérieures afin de renforcer la paix sociale en Suisse. 

La FOIS salue la position juste du conseil fédéral exprimée par les propos de Madame la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga auprès des parlementaires au sujet de la motion Quadri. Nous espérons que la suite des débats aux conseils des Etats se fasse de manière objective et non discriminante. La FOIS est à la disposition de toute requête pour débattre ou développer les idées et les mesures qui contribuent d’une manière décisive à la paix religieuse en Suisse.

Media Team FIDS

 

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