Sonntag, 11 April, 2021

La Fédération d’organisations islamiques de Suisse (FOIS) a condamné mardi les attentats de Bruxelles. Son président, Montassar BenMrad, répond à nos questions.
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Quelle est votre réaction suite à ce nouveau drame?
Nous condamnons ce crime lâche et aveugle. Tous ces crimes contre l’humanité, qu’ils soient perpétrés à Bruxelles, Paris, Istanbul ou Ankara sont inacceptables. Ces actes sont contraires aux principes même de la tradition musulmane pour laquelle tuer une personne, c’est tuer toute l’humanité. De plus, ces drames génèrent toujours plus de tensions entre les communautés.
Certains musulmans estiment qu’ils n’ont pas à condamner des actes qui n’ont rien à voir avec eux.
Les musulmans de Suisse comme de Belgique veulent vivre en paix dans une société ouverte. Plusieurs musulmans de Suisse se demandent pourquoi on leur demande systématiquement de condamner des actes qu’ils n’ont pas commis et qu’ils considèrent comme contraires à leurs principes. Car malheureusement, beaucoup de djihadistes qui ont un passé dans la petite délinquance et connaissent mal l’Islam se font manipuler par des recruteurs à l’objectif criminel. Ceux-ci utilisent des références religieuses à mauvais escient. Cependant, lorsque la communauté musulmane ne réagit pas, il y a une suspicion à notre égard.
Vous craignez les réactions?
Les musulmans sont eux-mêmes victimes des attentats. Au premier degré, parce que certains citoyens musulmans sont également tués par des djihadistes dans ces actes terroristes. Et parce qu’après chaque attentat, il y a systématiquement une augmentation des actes islamophobes. Cela pose ensuite des problèmes concrets pour beaucoup de jeunes, qui n’y sont pour rien, pour trouver un emploi ou un logement.
En Suisse, nous avons la chance d’avoir une situation différente. Il n’y a pas de ghettos et les musulmans ont des opportunités notamment professionnelles. Mais quelques dérapages liés à des propagandes électorales augmentent les tensions.
Menez-vous d’autres actions?
Nous sommes des citoyens comme les autres et avons le même intérêt à ce que la sécurité soit assurée et renforcée. Nous dialoguons avec les autorités fédérales et cantonales, notamment pour les questions de prévention. Nous sommes également impliqués dans des cours interculturels pour des aspirants policiers dans certains cantons. Enfin, nous avons régulièrement un dialogue au sein des fédérations pour agir sur la réduction des risques. (24 heures Image: Philippe Maeder)
 

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